Pas de deux de Hugo Claus

Synopsis

Deux anciens amants que tout oppose répètent une pièce de théâtre racontant un amour naissant.

Mise en abîme de leur histoire entre jeu et réalité, désir et solitude.

Nous allons assister au spectacle d’un homme et d’une femme,
de deux solitudes qui chercheront à se retrouver dans la valse des sentiments au fil des textes déclamés.

Hugo Claus nous dépeint dans cette comédie sa vision du monde du théâtre et de l’amour
tantôt crû tantôt sublime…

Notre interprétation de l’oeuvre

Intentions du metteur en scène : Sandrine Bonjean

Pas de deux = « pas » de danse ou « pas » négation ?

L’atmosphère

La lumière monte lentement sur une scène de théâtre : une salle de répétition où traînent des éléments de décor, d’accessoires et de costumes.

La table de régie se situe sur le plateau : les changements de lumières et de musique se feront de là par le régisseur/comédien.

La cafétéria du théâtre n’est pas visible mais par les nombreux allers/retours effectués par les personnages durant la pièce, elle jouera un rôle essentiel dans ce qui se « produira » ce soir, sur scène.

Nous allons assister au spectacle d’un homme et d’une femme, de deux solitudes qui chercheront en vain par la valse des sentiments, à se retrouver.

Dick, le jeune régisseur a décidé de venir répéter ce soir, malgré la mort imminente de Lex, le metteur en scène. Il sera malgré lui, le spectateur, le témoin, des deux seuls comédiens, Gérard Brattinga et Mia Bresser, qui eux aussi veulent travailler pour que le spectacle ait lieu (les autres comédiens de la troupe ont déjà quitté le navire sans capitaine et préfèrent refaire le monde à la cafèt’ autour d’un verre).

Du théâtre dans le théâtre

A moins que Gérard et Mia ne trouvent là l’occasion de pouvoir « rejouer » leur ancienne liaison déçue…
Du théâtre dans le théâtre. Le jeu des poupées russes peut commencer.

D’anciens amants vont répéter une pièce (La chasse au renard de Hugo Claus, lui-même, une adaptation fort modernisée de Volpone de Ben Jonson) où les personnages jouent le jeu d’une relation amoureuse naissante.

Il y a de quoi se perdre… et Mia et Gérard s’y perdront bien.
Plus la répétition avance moins on sait qui parle du personnage ou du comédien, pour finir, l’alcool aidant, par une totale appropriation des mots des personnages par les comédiens. Les répliques se mêlent et s’entremêlent, les limites sont floues, les méprises sont grandes. Qui peut encore discerner le faux du vrai ?

Quand l’auteur s’amuse et s’interroge

Comme à son habitude, Hugo Claus, mélange les genres et les thèmes. Il met ici en scène une satire tragique et burlesque, sublime et banale du monde du théâtre : désillusion, jalousie, alcool et sexe.

« Gérard : … je voudrais encore croire que je peux offrir aux gens dans la salle quelque chose de plus que la gymnastique absurde des mots et des gestes …
mais on se sent moins avec la bouche pleine de textes morts, avec le mascara et le fond de teint qui fondent de gêne pendant qu’on est là à tourner en rond mendiant l’admiration et l’amour. Faire l’acteur c’est se branler, c’est sans danger, sans risque, sans audace… »

Mais l’auteur pose aussi la question de « Ce qu’est le théâtre ? » Quelle en est son expression en 1973 (parution de Pas de deux) et aujourd’hui en 2018? Mia et Gérard feront plusieurs tentatives sur la façon dont ils doivent jouer la pièce maintenant qu’ils n’ont plus de guide, de garde-fou. La liberté peut être un gouffre où l’on se perd.

Amour et personnages

Bien sûr, l’amour est aussi au centre de Pas de deux :

Lui, un comédien expérimenté et habile, elle, de 15 ans sa cadette, en manque totale de confiance en ses talents d’actrice, se confrontent à leur interprétation respective de l’amour. Il joue sur son complexe d’infériorité. Elle ne comprend pas comment il peut croire à « l’illusion de l’amour ».

« Mia : Non, je n’y crois pas. Ou bien tu es amoureux et tu ne peux rien y faire, tu n’es pas capable de relativiser, ou bien tu n’es pas amoureux et tu ne peux pas te cravacher pour fabriquer une illusion.
Gérard : Ton incapacité à penser en deux dimensions… »

Arriveront-ils à accorder leur discours à leurs actes ? S’avoueront-ils à eux-mêmes et à l’autre leurs sentiments ?

L’opposition entre ces deux héros dramatiques provient aussi de leur origine sociale différente (définie par Claus comme étant, entre autres, un frein à la « réalisation complète du désir »).
Lui, un intello (il récite Shakespeare en anglais) manucuré, un « pédé dédaigneux », elle, une fille de prolétaire, « incapable de s’asseoir convenablement ». Il est séduit par sa naïveté, sa frivolité, son inconstance, et en même temps lui reproche ses nombreuses aventures. Elle lui jette au nez ses tromperies verbales et intellectuelles. Ils s’attirent et se rejettent mutuellement.

Au-dessus de leurs dérives psychiques, sexuelles et sociales planent la peur de la vieillesse et la mort. Il est plus âgé qu’elle, elle lui préfère de jeunes amants et la mort prochaine de Lex rôde dans le théâtre.

Pour affronter ou oublier leur solitude et leurs démons, ils s’abandonnent à l’alcool et la drogue. Tout au long de la pièce, ils feront de multiples trajets jusqu’à la cafétéria pour se réapprovisionner en sherry et « vin de pays avec un arrière goût frais ». Ils ont besoin de l’ivresse pour se désinhiber, pour se parler. Pourtant, ils ont « l’alcool mauvais » ; la violence verbale fait place à une trivialité, une obscénité burlesque mais qu’importe pourvu qu’ils ne rentrent pas seuls ce soir.

Noir

Vu la densité de la pièce et des sujets abordés nous avons dû à regret faire des choix et renoncer à jouer la pièce dans son intégralité.

Nous avons eu la chance d’accueillir lors d’une représentation du spectacle, Alain Van Crugten, le traducteur de Pas de deux. Il nous a avoué avoir redécouvert la pièce près de 40 ans après sa parution, qu’il appréciait particulièrement sa modernité, sa profondeur et sa pertinence.

L’auteur : Hugo Claus

Romancier, poète, homme de théâtre, ce grand provocateur était aussi peintre…et flamand connu internationalement

Considéré comme l’un des romanciers belges les plus talentueux de son époque, dont l’œuvre connaît une ampleur internationale, Hugo Claus se définit lui-même comme un « flamingant francophile ».

Avec sept prix d’Etat belges ou flamands – quatre pour le théâtre, un pour la poésie, un pour la prose narrative, le prix Constant Huyghe pour l’ensemble de son œuvre et le Prix des Lettres Néerlandaises (la plus haute distinction littéraire que puisse obtenir un auteur néerlandophone) et de nombreux prix internationaux, Hugo Claus est l’auteur néerlandophone qui a reçu le plus de récompenses, une cinquantaine au total !
A plusieurs reprises, Claus a été pressenti pour le prix Nobel de littérature, sans jamais le décrocher.

C’est aussi le plus traduit des auteurs flamands. Il apparaît également comme l’artiste flamand le plus fécond et le plus varié, avec des incursions dans le domaine de la peinture et du cinéma.

Il est le critique du traditionalisme et du provincialisme de la société flamande, tout en portant à l’universel l’évocation de la médiocrité.

Si son style puise autant son inspiration dans les grands mythes et les classiques littéraires, il ne recule pas pour autant devant le burlesque et un humour des plus féroces.
Avec sa pièce « Pas de deux » Hugo Claus nous entraîne dans un univers clos: celui des répétitions d’un spectacle sur une scène de théâtre vide, en attente de ses décors et de ses lumières pour – enfin ! – « vivre » devant le Public.

Plus d’infos ? consultez le dossier de Pas de Deux

Les comédiens

Pour porter une telle pièce, il fallait des comédiens littéralement « habités » par leur personnage, et petite cocasserie, Gérard Brattinga et Mia Bresser sont magistralement interprétés par un couple de comédiens à la ville…

Nathalie Stas

comédienne, metteur en scène et chanteuse, a participé à plus de quatre-vingts spectacles

Bernard Sens

comédien a joué dans plus de 100 pièces de théâtre

Louis Marbaix

jeune comédien, sort d’ARTS ² – Théâtre, Ecole supérieure des arts de Mons

 

Prochaines représentations :

au TRAC, Rue Albert Meunier, 110 à  1160 Auderghem
Réservations : info@letrac.be
Infos : letrac.be

  • Mardi 25 septembre 2018 à 20h15
  • Mardi 11 juin 2019

nb : suite à une erreur de double programmation, la date du 31 mai est annulée par le Trac.

Le spectacle a été joué :

  • Le spectacle a été monté pour le “Festival sous les étoiles de Provence” organisés par l’association loi 1901 « Du théâtre sous les étoiles de Provence » en étroite collaboration avec L’Association CARACTERES de Cotignac entre le 15 juillet et 12 Août 2017 dans les villes et villages suivants : PONTEVES – COTIGNAC – TAVERNES – LA VERDIERE, dans le Haut Var.
  • Vendredi 15 et samedi 16 juin 2018 à 20h et dimanche 17 juin à 16h à la Balade aux Miroirs – Chemin du Bois des Dames, 8 – 1360 Thorembais-les-Béguines

 

Production et Diffusion

Ce spectacle est conçu pour être joué en salle ou en plein air.
Il induit une proximité avec le public.
Il est destiné à un large public et convient aux adolescents.

Nous avons la volonté de jouer dans des petites, moyennes et grandes salles,.

Diverses négociations sont en cours dont les dates vous seront communiquées prochainement (par e-mailing pour les programmateurs).

Informations techniques

Dimensions plateau : min 6m x 4m
Scénographie : décor de salle de répétition. Nous avons une base et improvisons avec ce qui est disponible chez vous.
Fiche technique : disponible sur demande.

Matériel de communication

Vos contacts pour la presse

Vos contacts pour la diffusion et la production : vous êtes un lieu et désirez accueillir le spectacle